L'église paroissiale St Laurentius à Roßtal
Dans un document, le moine Widukind du monastère Corvey sur la Weser décrit une bataille qui eut lieu dans notre village en 954. Cette mention documentaire laisse supposer que, déjà à cette époque lorsque la mission de la Franconie avait été faite plus de deux siècles avant, il y avait une église ici. Outre la crypte romane qui pourrait dater d'environ 1020, on ne découvrit que des traces insignifiantes d'un édifice précédent lors de travaux sur le cimetière.
On dit que la donatrice de cette église, dont seulement la crypte mentionnée plus haut resta, était une comtesse Irmingard, révérée comme sainte locale, qui trouva sa dernière demeure dans cette église. Bien que la paroisse appartînt au diocèse de Würzburg, l'évêque de Bamberg avait le droit d'installation pour la paroisse jusqu'à la Réformation.
La bâtisse imposante qui se présente au visiteur d'aujourd'hui montre distinctement des époques de style différentes. La longue nef qui, en partie, possède encore des vitraux romans devrait dater du 12e/13e siècles. Comme, pendant la guerre entre les villes en 1388, non seulement le village mais aussi l'église subirent de grands dommages, la tour fut reconstruite au début du 15e siècle, le chœur quelques décennies plus tard, ce qui changea le caractère de la bâtisse originellement romane. Cette impression est intensifiée par les portails et vitraux datant d'environ la même époque.
Des documents du 16e siècle décrivent l'église abondamment munie d'autels précieux et mentionnent aussi le tombeau de la donatrice, comtesse Irmingard, une belle-soeur de l'impératrice Kunigunde, ainsi que celui d'un duc Ernst, probablement un des défendeurs de Roßtal dans la bataille de 954, qui fut enterré ici plus tard.
En 1627, les autels et tombeaux étaient détruits par un incendie causé par un coup de foudre et toute la voûte de la longue nef tombait en ruine. La plus grande partie de la voûte du chœur et de la tour subsistaient, la longue nez dont les murs devaient être munis de contreforts sur le côté extérieur lors de la reconstruction, recevait la voûte en berceau d'aujourd'hui, une construction de bois. Après plusieurs coups de foudre et tempêtes, le toit pointu de la tour avec les quatre petites tours, appelées " Pfefferbüchsen " (poivriers), fut ôté en 1769 et remplacé par une calotte franVaise.
La tour haute de 52 mètres montre, sur le côté sud au-dessus de la pointe du vitrail gothique, une frise décorée de têtes dont une tête de femme qui est considérée comme celle de la châtelaine Elisabeth de Nuremberg. Elle était l'épouse du châtelain Friedrich VI qui fut nommé Electeur Friedrich I du mark Brandebourg en 1415. Châtelaine Elisabeth (1401-1442) dont les armes se trouvent sur le côté sud de la tour voulait probablement documenter qu'avec son aide, l'église détruite pouvait être reconstruite après 1388. En 1735, la paroisse de Roßtal comprenait 32 villages, et encore aujourd'hui, il y a 16 villages qui appartiennent à la paroisse.
L'intérieur de la vaste bâtisse se présente dans une dignité simple. La galerie à deux étages le long du côté nord de la longue nef frappe le visiteur. Après la Réformation, cette galerie était construite pour élargir l'espace de l'église indispensable pour une église de prédicateurs. La partie inférieure de la galerie qui se trouve tout près du chœur est marquée du mot de " Herrschaftsstand ", c'est-à-dire place réservée pour la noblesse. De gauche à droite, on peut voir les armes des Hohenzollern, l'aigle de Brandebourg, les armes des Wittelsbacher introduites par la châtelaine Elisabeth, ainsi que celles des châtelains de Nuremberg.
L'autel dans le chœur, datant du 17e siècle, montre Ste Marie et St Jean au-dessous de la croix, au socle du chapiteau de l'autel, il y a un figuré de la Cène, et le dos montre une reproduction d'anges tenant le suaire de Ste Véronique.
En 1963, l'artiste Gottfried von Stockhausen de Esslingen créa le vitrage moderne de trois vitraux colorés du chœur. De gauche à droite, les images montrent l'adoration des bergers, le " ciel ouvert " avec les légions célestes et la racine de Jesse. Le vitrail au milieu représente la mise au tombeau de Jésus-Christ et l'annonce des anges de la Résurrection au saint sépulcre.
Dans le vitrail de droite, on peut voir le baptême de Jésus, et au-dessus du ciel ouvert, les symboles de Jésus-Christ, la calice et l'agneau.
La sculpture de St Laurentius dans le chœur date du 15e siècle.
La sculpture de la Vierge avec Jésus n'est qu'un moulage. L'original qui date de 1300 à 1320 fut offert au Germanisches Museum à Nuremberg en 1879. Cette sculpture montre le couronnement de la Vierge où l'enfant Jésus ( dont la tête a disparu) met la couronne sur la tête de sa mère.
Parmi les épitaphes encastrées dans le mur du chœur, on trouve celle du dernier curé catholique Johannes Neff (+1512), ainsi que celle du premier pasteur protestant Johann Lazarus (+1546). Au milieu des branches de la voûte d'arête, il y a les quatre évangélistes créés par l'artiste Egidius Zimmermann de Nuremberg en 1624. C'est seulement en 1630 que les fonts baptismaux, achetés en 1520 selon des factures trouvées, recevaient la peinture de diverses couleurs. La date de l'an 1686 renvoie à la rénovation des fonts accomplie dans cette année.
Les stalles à trois sièges qui datent probablement du 17e siècle ne sont pas richement décorées, mais apparaissent massives. Comme le chœur était sauvé pendant l'incendie de 1627, la porte garnie de plaques de tôle qui mène à la sacristie subsistait encore de la période de construction du chœur au milieu du 15e siècle environ, ainsi qu'une armoire précieuse dans la sacristie produite vers 1500.
Au-dessus de la porte de la sacristie, le visiteur peut voir une peinture dont l'importance, dû à sa place défavorable dans l'église, ne fut appréciée que tard, même des experts. La peinture qu'on attribue à l'élève de Dürer Hans Springinklee date de 1524. L'historien de l'art Josef Dettenthaler a publié une interprétation compréhensive de cette " image de confession " (on se reportera à la brochure 15/1987 des " Roßtaler Heimatblätter ") et a trouvé que cette image est une des premières compositions antithétiques sur " la loi et la grâce " dans le domaine de la peinture.
Au mur sud de la longue nef, tout près de la chaire, il y a une deuxième peinture, dite image de confession. Au milieu de cette peinture, il y a un autel en forme de croix où Luther et Melanchthon sont en train de distribuer la cène aux princes protestants du Saint Empire romain germanique et aux représentants des villes impériales. La scène centrale est entourée par des scènes individuelles du culte évangélique-luthérien. Cette peinture est marquée des armes d'un donateur, des lettres H et B et de la date de 1659. L'artiste n'est pas connu, mais le sujet peint ressemble beaucoup à deux oeuvres du peintre Andreas Herneisen (1538-1610) de Nuremberg, qui se trouvent dans les églises de Nuremberg-Mögeldorf et de Kasendorf , près de Kulmbach.
Au-dessus de la " chaise de grille " de la fin du 18e siècle, on peut voir une autre peinture dans un cadre de bois richement sculpté, une épitaphe d'un certain Christoph Schwarz, décédé en 1693, qui montre la résurrection de Jésus-Christ.
La chaire possède des éléments de décoration du 18e siècle, des fleurs et des reproductions de la Bible : Moïse sur le massif du Sinaï, l`arche de Noé et le baptême de Jésus dans le Jourdain. La chaire reste sur une console qui porte les armes du donateur, l'ébéniste Johann Beck de Cadolzburg.
Ce ne sont pas seulement les vitraux en couleur avec des représentations contemporaines, mais aussi le lustre créé par le professeur Franz Ricker de Munich en 1955 qui surprennent le visiteur. Il représente Jérusalem aux douze portails avec l'agneau élevé. Le lustre est considéré comme une oeuvre bien réussie de l'art religieux moderne qu'on avait déjà exposé à Francfort (1956) et à Nuremberg (1979) à l'occasion de congrès synodaux. En 1973, l'entreprise Walcker de Ludwigsburg installa une orgue neuve avec 28 registres dans cette église.
Un panneau montre le chemin qui mène à la crypte, la plus vieille partie de l'église.
Quelques marches battues mènent dans une pièce longue de 10 mètres dont la largeur d'environ 12 mètres correspond à celle de la nef au-dessus. La crypte compte parmi les plus vieux édifices en Franconie. Douze piliers portent le plafond, une voûte en berceau. La construction de cette crypte-halle est attribuée à la donatrice de l'église, la comtesse palatine Irmingard. La crypte devrait avoir été construite en 1020 environ. Le mur est de la crypte possédait originellement trois apsides , mais ce n'est que l'apside centrale accueillant l'autel qui subsistait. Les deux apsides à gauche et à droite furent murées pour des raisons statiques lorsque le chœur en gothique flamboyant fut bâti au-dessus.
Autrefois, la niche dans le mur ouest était ouverte de sorte que les pèlerins pouvaient voir le tombeau de la donatrice révérée comme sainte. Selon des mémoires contemporaines son tombeau était un haut tombeau gothique similaire à celui de l'empereur Heinrich et de l'impératrice Kunigunde dans la cathédrale de Bamberg qui se trouvait dans la longue nef juste avant les marches qui menaient dans le chœur jadis roman. Ce chœur de l'église romane aboutissait à l'endroit où plus tard le chœur gothique fut ajouté. Il n'y a aucune datation authentique de la crypte, mais les historiens de l'art renvoient à des ressemblances structurales de la crypte de Roßtal à celle de Unterregenbach sur le Jagst qui se trouve au-dessous du presbytère et aux vestiges de la crypte de Bleurville en Lorraine. C'est avec une certaine certitude qu'on peut dire que ces deux cryptes furent construites vers 1030.
En quittant la crypte et l'église pour faire le tour de l'édifice, le visiteur découvre le presbytère en gothique flamboyant de l'an 1410 qui était autrefois une bastion des anciens remparts. Ces remparts dont la partie centrale était l'église, protégeaient la zone du cimetière d'aujourd'hui. La hauteur des anciens chemins de ronde particulièrement au presbytère et à la tour de portail nord porte témoignage de la grandeur des remparts.
Au mur extérieur est du chœur, le visiteur peut voir une sculpture du mont des oliviers datant d'environ 1500. A la paroi arrière et aux deux étançons de cette sculpture, il y a encore des vestiges de la peinture originale. Particulièrement au mur extérieur sud du chœur, de nombreuses cannelures comme aiguisées frappent le visiteur. Il y a plusieurs essais d'interprétation, dont une explique qu'avant la Réformation, les participants à la messe essayaient d'allumer le feu de Pâques à l'aide de copeaux de bois ou quelque chose de similaire en les frottant contre le mur de grès. Aux murs extérieurs de la longue nef, le visiteur peut voir quelques tombeaux avec les noms d'anciens curés ainsi que plusieurs dates rappelant les rénovations ou modifications architecturales. Au mur extérieur nord tout près du portail de 1893, dans la cimaise du larmier, une pierre représentant une grimace est scellée dans le mur. Cette pierre date probablement de l'ancienne bâtisse romane.
La visite de l'église et la promenade autour de l'édifice finit maintenant. La courte description ne réclame pas d'être complète en ce qui concerne l'histoire et l'histoire de l'art, mais ne veut qu'aider le visiteur attentif et intéressé à être informé. Depuis la construction de cette église beaucoup de siècles ont passé, l'église devait supporter certains dommages et tempêtes, mais étant le centre religieux du village elle fut toujours reconstruite par des générations pleines d'abnégation et conservée comme un lieu plein de dignité pour la prière et les laudes.
